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Articles de presse quotidiens sur le 45ème président des Etats-Unis

Qui est le 45ième?

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Source Wikipédia du 15/02/2017

Donald John Trump, né le 14 juin 1946 à New York, est un homme d’affaires, animateur de télévision et homme d’État américain, 45e et actuel président des États-Unis depuis le 20 janvier 2017.

Donald Trump travaille dans l’entreprise familiale à partir de 1968, pendant ses études à l’école de commerce de Wharton de l’université de Pennsylvanie. Il en prend la tête en 1971 et la renomme ensuite The Trump Organization. En 1995, il fonde la Trump Entertainment Resorts. Donald Trump bâtit son empire et sa notoriété sur des bâtiments prestigieux qui portent généralement son nom. Une partie de ses immeubles les plus connus — dont plusieurs gratte-ciel, parmi lesquels la Trump Tower — se trouvent dans l’État de New York, mais il possède également des casinos comme le Trump Taj Mahal d’Atlantic City, des résidences de luxe, des terrains de golf, et réalise de nombreux investissements dans les domaines les plus divers (sports, médias, concours de beauté).

Célébrité médiatique aux États-Unis dès les années 1980, impliqué dans le secteur du divertissement télévisuel, il est notamment, de 2004 à 2015, l’animateur de l’émission de téléréalité The Apprentice.

Engagé en politique à partir des années 1980, il devient de façon inattendue le candidat du Parti républicain à l’issue des primaires de 2016. Candidat singulier dans l’histoire politique américaine, Trump mène une campagne atypique, avec une équipe relativement réduite et un usage intensif des réseaux sociaux, en particulier de Twitter. Se présentant comme un adversaire de l’establishment et du politiquement correct, il se distingue également par un ton très polémique et par un discours populiste, réactionnaire, nationaliste, isolationniste, protectionniste et climato-sceptique, ainsi que par des propositions radicales visant à réduire l’immigration et de nombreuses contre-vérités.

Sa victoire à l’élection présidentielle de novembre 2016 face à la candidate démocrate Hillary Clinton déjoue la plupart des pronostics. À sa prise de fonction, il est le président américain le plus âgé (70 ans) et le plus riche jamais élu. Il est également le premier candidat qui accède à la présidence sans jamais avoir exercé de fonction politique ou militaire.

Dès son installation au pouvoir, il signe une série de décrets présidentiels qui provoquent de fortes polémiques aussi bien au niveau national qu’international.

Origines et jeunesse

Famille

Donald John Trump est né dans le quartier de Jamaica, dans l’arrondissement du Queens à New York. il a été baptisé et confirmé dans l’église presbytérienne de son quartier2. Quatrième d’une famille de cinq enfants, il est le fils de Fred Trump (1905-1999) et de son épouse Mary Anne Trump née MacLeod (1912-2000)3,4. Ses frères et sœurs sont Maryanne Trump Barry, Fred Jr., Elizabeth, et Robert. Fred Trump Jr., frère aîné de Donald Trump, est mort en 1981 en raison de son alcoolisme, ce qui a poussé Donald Trump à s’abstenir de consommer de l’alcool et des cigarettes5.

La famille paternelle de Donald Trump est d’origine allemande tandis que sa famille maternelle est originaire d’Écosse. Ses grands-parents paternels venaient de Kallstadt. Frederick Trump, grand-père de Donald Trump, a fait fortune en gérant des restaurants et des pensions dans les villes champignons de Seattle et du Klondike. Fred Trump, père de Donald, né dans le Bronx, fait carrière comme promoteur immobilier sur la Côte Est6,7 tandis que sa mère est née à Tong, sur l’île écossaise de Lewis8. Donald Trump est par ailleurs le neveu du scientifique John George Trump, qui a joué un grand rôle dans le développement de la radiothérapie9.

Scolarité

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Donald Trump à l’âge de 18 ans, pendant sa scolarité à l’École militaire de New York.

Donald Trump grandit dans une maison de style néo-Tudor dans le quartier chic de Jamaica Estates. Il est élève de la Kew-Forest School10,11. À l’âge de treize ans — alors qu’il est, de son propre aveu, un adolescent difficile — il est envoyé par ses parents, qui espèrent ainsi canaliser son énergie, à l’École militaire de New York (New York Military Academy, ou NYMA)12,13.

Trump est ensuite élève de l’Université Fordham, dans le Bronx, à compter d’août 1964 et pendant deux ans. Il s’inscrit ensuite à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie, qui est à l’époque l’un des rares établissement aux États-Unis à proposer un cursus spécialisé dans l’immobilier14,15. Pendant ses études, il travaille pour l’entreprise familiale, Elizabeth Trump & Son, qui porte le nom de sa grand-mère paternelle16. Il obtient en mai 1968 un Baccalauréat universitaire en économie15,17,18.

Trump n’est pas envoyé sous les drapeaux pendant la guerre du Viêt Nam19. Pendant ses études, de 1964 à 1968, il obtient trois reports d’incorporation20. Puis, après avoir été jugé bon pour le service en 1966, il est réformé en octobre 196821. Dans une interview accordée en 2015, il dit avoir été réformé en raison d’un problème articulaire au talon22. En 1969, il obtient un chiffre élevé à la loterie organisée pour la conscription, ce qui lui aurait de toutes manières permis d’échapper au service21,23,24.

Carrière d’homme d’affaires

Article connexe : The Trump Organization.

Immobilier

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La façade de la Trump Tower à Midtown Manhattan.

Pendant ses études, Donald Trump travaille pour l’entreprise de son père25, Elizabeth Trump and Son26, qui se spécialise dans la location de logements destinés à la classe moyenne new-yorkaise, dans les arrondissements de Brooklyn, Queens et Staten Island. C’est également pendant ses études qu’il collabore avec son père pour rouvrir un complexe d’appartements à Cincinnati27.

Dans les années 1970, il devient président de l’entreprise familiale — tandis que son père prend le poste de président du conseil d’administration — qu’il rebaptise The Trump Organization28,29. En 1973, les Trump père et fils sont visés par une enquête du Département de la Justice sur des soupçons de discriminations envers les aspirants locataires noirs. L’entreprise Trump signe finalement un accord par lequel elle accepte d’héberger des locataires présentés par la National Urban League30,31.

Débuts à Manhattan

La première affaire immobilière importante réalisée à Manhattan par Donald Trump est la remise à neuf du Grand Hyatt Hotel de New York. Le chantier est en grande partie financé par une prêt de 70 millions de dollars négocié par Fred Trump avec le groupe Hyatt32,33.

En 1978, Donald Trump termine les négociations pour construire la Trump Tower, un gratte-ciel de 58 étages (202 mètres) situé à Midtown34. L’immeuble est terminé en 1983, et héberge par la suite le penthouse qui sert de résidence principale à Donald Trump, ainsi que le siège social de la Trump Organization35,36 et un studio de télévision. La Trump Tower sert par la suite de décor à l’émission The Apprentice37. En outre, Donald Trump a construit de nombreux gratte-ciel, y compris en dehors de New York38.

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Le Wollman Rink à Central Park.

En 1986, Trump reprend les réparations du Wollman Rink, la patinoire publique de Central Park, qui avaient été commencées par un autre maître d’œuvre, et termine le chantier en trois mois, en économisant 750 000 dollars par rapport au budget de 1,95 million initialement prévu. Il gère pendant un an la patinoire, en reversant tous les bénéfices à des œuvres de charité, en échange de la concession de service39.

En 1988, Trump acquiert pour 400 millions de dollars le Plaza Hotel, dont il confie la gestion et la rénovation à son épouse de l’époque, Ivana40.

Palm Beach

En 1985, Trump fait l’acquisition de la résidence de luxe Mar-a-Lago à Palm Beach (Floride) pour la somme de 5 millions de dollars, plus 3 millions pour le mobilier. Il en fait à la fois sa résidence d’hiver et un club privé dont le prix de la carte de membre s’élève à 150 000 dollars. Il achète à la même époque à Palm Beach, en association avec Lee Iacocca, PDG de Chrysler, un immeuble d’appartements qu’il rebaptise Trump Plaza of the Palm Beaches41.

Casinos à Atlantic City

The entrance of the Trump Taj Mahal, a casino in Atlantic City. It has motifs evocative of the Taj Mahal in India.

L’entrée du Trump Taj Mahal à Atlantic City.

Le groupe Holiday Corp finance la construction par Trump de l’hôtel-casino Trump plaza ouvert en 1984 à Atlantic City (New Jersey)42. Trump en gère l’activité « jeux ». Les mauvais résultats du casino entraînent de vives tensions entre Trump et Holiday Corp43. Trump fait également l’acquisition à Atlantic City, pour la somme de 320 millions de dollars, d’un immeuble dont la construction avait été débutée par le groupe Hilton. Le chantier est achevé en 1985, et l’hôtel-casino-marina, dirigé par l’épouse de Donald Trump Ivana, ouvre sous le nom de Trump’s Castle44.

En 1988, toujours à Atlantic City, Trump achète le casino Taj Mahal45. L’établissement rouvre en avril 1990 après un chantier dont le coût s’est élevé à un milliard de dollars, ce qui en fait à l’époque le casino le plus cher jamais construit46,47. Financé à hauteur de 675 millions par des junk bonds48 avec un taux d’intérêt à 14 %, l’établissement dépose le bilan l’année suivante49.

Le Taj Mahal redresse sa situation en octobre 1991 lorsque Trump cède 50 % de ses parts à ses créanciers, en échange d’une réduction de ses taux d’intérêts et d’un délai pour payer ses dettes50. Il est également contraint de vendre sa compagnie aérienne Trump Shuttle et son yacht Trump Princess48,51,52. L’établissement est racheté en 1996 et réorganisé sous la bannière de Trump Hotels & Casino Resorts, qui dépose le bilan en 2004 avec 1,8 milliards de dettes, puis à nouveau en 2009 avec 500 millions de dettes. La restructuration permet à Donald Trump de conserver 10 % des parts du Trump Taj Mahal et de ses autres casinos52. Il préside par ailleurs la société Trump Entertainment Resorts de mi-1995 à début 2009, et occupe le poste de PDG de 2000 à 200553.

Terrains de golf

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Une vue du Turnberry Hotel, dans l’Ayrshire en Écosse.

La Trump Organization gère plusieurs terrains de golf, aux États-Unis et dans le reste du monde. Le magazine Golfweek recense environ dix-huit terrains possédés ou gérés par le groupe Trump54. Pour l’année 2015, Trump a déclaré à la commission électorale fédérale un revenu personnel d’environ 382 millions de dollars lié à ses activités dans le golf55.

En 2006, Trump fait l’acquisition d’un terrain à Balmedie dans l’Aberdeenshire, en Écosse, où il crée, malgré l’opposition de certains résidents, un terrain de golf56 sur une zone pourtant déclarée site d’intérêt scientifique particulier57,58. L’affaire a fait en 2011 l’objet du documentaire You’ve Been Trumped, qui tourne autour du conflit entre Trump et les résidents59. L’homme d’affaires promet la création de 6 000 emplois locaux grâce à son terrain mais en 2016, de son propre aveu, il n’en a généré que 20060. En juin 2015, il intente une action en justice pour empêcher la construction d’un parc éolien à proximité de son terrain de golf, mais il est finalement débouté par la cour suprême du Royaume-Uni61,62.

En 2012, il acquiert à Miami le Doral Golf Resort & Spa, qu’il rénove et rebaptise Trump National Doral ; ce terrain accueille le WGC-Cadillac Championship, tournoi annuel des World Golf Championships63.

En avril 2014, Trump fait l’acquisition du complexe sportif Turnberry, dans l’Ayrshire en Écosse, qui accueille régulièrement l’Open britannique hommes64,65. Après un important chantier de rénovation, le complexe rouvre en juin 201666.

Faillites

Donald Trump ne s’est jamais déclaré en faillite personnelle, mais plusieurs de ses hôtels et casinos, surendettés, ont fait faillite à six reprises entre 1991 et 2009, afin de pouvoir renégocier leurs dettes envers les banques et les actionnaires67,68. C’est le cas du Trump Taj Mahal en 1991, du Trump Plaza Hotel and Casino en 1992, du Plaza Hotel en 1992, du Trump Castle Hotel and Casino en 1992, du Trump Hotels and Casino Resorts en 2004 et du Trump Entertainment Resorts en 200969,70,71. Les entreprises de Donald Trump ont utilisé les dispositions du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, ce qui leur a permis de continuer leurs activités pendant les négociations. Trump a revendiqué en 2011 avoir joué des possibilités légales en matière de faillite, afin de réduire ses dettes72,73.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2016, le magazine The Economist74, analysant la carrière d’homme d’affaires de Donald Trump, juge que ses résultats ont été globalement médiocres par rapport au reste du secteur immobilier et du marché boursier new-yorkais. Le magazine rappelle que les informations sur l’empire financier de Trump sont lacunaires, du fait de son style de management à la fois opaque et très personnel, et met en doute les capacités de l’homme d’affaires à gérer une organisation plus importante que son groupe75. The Washington Post qualifie la carrière de Trump de mélange de rodomontades, d’échecs et de véritables succès, et conclut que son « génie » a consisté en premier lieu à créer une mythologie autour de sa personne et de son nom76.

Autres investissements

Sports

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Trump assistant à un match de baseball en 2009.

En septembre 1983, Trump fait l’acquisition des Generals du New Jersey, une équipe de football américain membre de l’United States Football League (USFL). Trump essaie alors de faire une concurrence directe à la National Football League et de forcer une fusion entre les deux championnats pour augmenter la valeur de ses investissements77. Après la saison de 1985, son équipe fusionne avec l’équipe des Houston Gamblers, mais connaît d’importants problèmes financiers. L’USFL finit par cesser ses activités en 198678.

Malgré son échec dans le football américain, Trump continue d’investir dans le sport, notamment dans le golf78 ; il accueille plusieurs matchs de boxe au Trump Plaza d’Atlantic City, parmi lesquels, en 1988, le combat de Michael Spinks contre Mike Tyson, dont il est pendant un temps, conseiller financier78,79,80.

En 1989 et 1990, Trump donne son nom au Tour de Trump, une course cycliste qu’il voudrait équivalente au Tour de France et au Giro d’Italia. Il abandonne après la seconde édition, du fait des difficultés financières que connaissent alors ses principales entreprises. La course continue pendant plusieurs années sous le nom de Tour DuPont81,82.

En 2014, il tente sans succès d’acheter l’équipe des Bills de Buffalo après la mort de leur précédent propriétaire, Ralph Wilson83.

Concours de beauté

De 1996 à 201584, Trump a été le propriétaire des concours de beauté Miss Univers, Miss USA, et Miss Teen USA85. Insatisfait des conditions de diffusion de ses concours sur CBS, il les transfère en 2002 sur NBC86,87.

En 2015, NBC et Univision mettent fin à leur relation avec le concours Miss Univers à la suite des propos polémiques de Trump à l’égard des immigrés clandestins mexicains dans le cadre de sa campagne présidentielle88,89. Trump attaque alors Univision en justice, réclamant 500 millions de dollars à la chaîne pour rupture de contrat et diffamation90,91. Le 11 septembre de la même année, Trump annonce qu’il est désormais le seul propriétaire de Miss Univers après avoir acheté les parts de NBC, avec laquelle le conflit a été réglé à l’amiable92,93. Il revend peu après ses parts à William Morris/IMG. Le litige avec Univision est également réglé à l’amiable en février 201694.

Agence de mannequins

Donald Trump crée en 1999 une agence de mannequins, Trump Model Management, située dans le quartier de SoHo à Manhattan95. En liaison avec une autre société de son groupe, Trump Management Group LLC, Trump Model Management a, depuis 2000, fait venir près de 250 mannequins étrangers pour les faire travailler dans l’industrie américaine de la mode96.

Université Trump

Article détaillé : Université Trump.

En 2005, Donald Trump crée avec ses associés Michael Sexton et Jonathan Spitalny un institut de formation professionnelle, Trump University LLC, qui propose des cursus dans l’immobilier97, facturés entre 1 500 et 35 000 dollars98,99. L’État de New York lui ayant enjoint de cesser d’utiliser l’appellation « université », la société est rebaptisée en 2010 Trump Entrepreneurial Institute100. Trump est en outre personnellement mis en cause pour n’avoir pas demandé la licence nécessaire à l’ouverture d’une école101.

En 2013, l’État de New York lance une procédure en justice en réclamant 40 millions de dollars à la Trump University pour publicité mensongère100,102. Deux procédures collectives sont parallèlement lancées contre la Trump University par d’anciens étudiants qui estiment avoir été floués103. Pendant sa campagne présidentielle, Trump proteste plusieurs fois contre le magistrat en charge des dossiers, le juge Gonzalo P. Curiel, qu’il accuse de partialité en raison de ses origines mexicaines104,105,106. Il revient ensuite sur ses déclarations en expliquant que ses doutes sur l’impartialité de Curiel sont dues non pas aux origines de ce dernier mais à son traitement de l’affaire107,108.

Le procès de la Trump University, prévu à San Diego le 28 novembre 2016109, est finalement annulé, les parties ayant trouvé un accord à l’amiable dans les trois dossiers peu après la victoire de Trump à l’élection présidentielle. Bien que niant avoir commis un délit quelconque, Trump accepte, pour échapper à un procès qui se serait déroulé avant son investiture à la présidence des États-Unis, de verser 25 millions de dollars aux 6 000 plaignants et de payer 1 million de dollars d’amende pour avoir enfreint les lois sur l’éducation110,111,112. L’accord est trouvé une heure seulement avant une audience au tribunal qui devait statuer sur la demande de Trump visant à reporter le procès113.

Commercialisation du nom Trump

L’un des traits les plus connus de Donald Trump est sa tendance à baptiser ou rebaptiser de son nom la plupart des lieux, des entreprises et des produits qui lui sont associés75. La marque Trump, déclinée en parfum Trump, thé Trump, vodka Trump, cravates Trump, matelas Trump, voire Trump Steaks (en)) lui rapporte ainsi 9,5 millions de dollars de royalties pour la période allant de début 2014 à mi-2015114. En 2011, des experts financiers de Forbes ont évalué la valeur de la marque Trump à 200 millions de dollars. Trump a contesté cette analyse et affirmé qu’elle en valait treize milliards115.

Par ailleurs, de nombreuses entreprises paient pour bénéficier de la notoriété de la marque Trump116, avec pour résultat que le nom de Trump figure sur des immeubles qui n’appartiennent pas au groupe Trump. Selon Forbes, l’aspect licensing de l’empire Trump — géré par les enfants de Donald Trump — représente une valeur d’environ 562 millions de dollars116.

Fortune personnelle et impôts

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Le Trump Hotel à Las Vegas, dont les vitres sont teintées d’or à 24 carats117.

La liste Forbes des Américains les plus riches évalue en 1982 le patrimoine personnel de Donald Trump à environ 200 millions de dollars, en incluant sa part d’héritage de la fortune de son père118. Il est absent de cette liste entre 1990 et 1995 à la suite de pertes financières importantes118. Pendant sa campagne présidentielle, Trump a déclaré qu’il avait débuté sa carrière dans les affaires avec « un petit prêt d’un million de dollars » accordé par son père, qu’il a ensuite remboursé à ce dernier avec les intérêts119.

Le 26 juin 2015, lors de l’annonce de sa candidature, Trump a publié un document estimant sa fortune à 8 737 540 000 dollars120, ajoutant qu’il était « vraiment riche »121. Forbes a mis en doute cette affirmation, et estimé sa fortune réelle à 4,1 milliards122.

En 2015, les déclarations controversées de Trump sur les immigrés clandestins lui ont fait perdre, selon Forbes, pour environ 125 millions de dollars de contrats avec des entreprises comme NBCUniversal, Univision, ou Macy’s123. Sa campagne présidentielle a également eu un impact négatif sur son patrimoine, certains consommateurs ayant boycotté les produits et services de ses sociétés pour marquer leur opposition à sa candidature124. La fréquentation des hôtels et des casinos détenus par Trump a fortement baissé en 2016125,126.

En novembre 2016, Forbes estime sa fortune à 3,7 milliards de dollars et le place 324e plus grande fortune mondiale et 113e fortune américaine127.

Trump a, de manière répétée, refusé de rendre publique l’intégralité de ses déclarations fiscales128,129, y compris pendant sa campagne présidentielle de 2016. Il est le premier candidat à l’élection présidentielle américaine à s’y être refusé, depuis 45 ans130.

En octobre 2016, les médias américains révèlent que Donald Trump a déclaré aux impôts en 1995 une perte de 916 millions de dollars. Causées par les faillites de trois de ses casinos et de sa compagnie aérienne, ainsi que par le rachat hasardeux du Plaza Hotel à Manhattan, ces pertes financières cumulées lui ont permis une déduction fiscale de ses revenus imposables, échelonnée sur une période de dix-huit ans. Il a pu ainsi réduire fortement, voire annuler, les sommes qu’il devait à l’administration fiscale131. Trump a reconnu la véracité de cette information, mais a refusé d’indiquer quelles années étaient concernées132. Interrogé pendant un débat présidentiel sur la déduction fiscale dont il a bénéficié, il s’en est félicité, en déclarant que le fait d’avoir eu recours à cette disposition prouvait son intelligence133.

Médiatisation et carrière dans les médias

Donald Trump se distingue, en tant qu’homme d’affaires, par une recherche constante de la publicité75 ; depuis les années 1980, il fait l’objet aux États-Unis d’une forte médiatisation qui lui a permis de devenir une figure très familière du public américain. En 1987, il publie son autobiographie, Trump: The Art of the Deal, co-signée avec le journaliste Tony Schwarz (en) mais dont il n’aurait pas écrit une lignea. Énorme succès de librairie, l’ouvrage reste pendant treize semaines en tête de la New York Times Best Seller list. C’est avec ce livre, dans lequel il vante ses qualités de businessman en se présentant comme un modèle de réussite à l’américaine, que l’homme d’affaires devient une célébrité nationale aux États-Unis134,135.

Sa notoriété lui vaut entre autres de faire des apparitions dans douze longs-métrages de cinéma et quatorze séries télévisées136, généralement dans son propre rôle. On le voit ainsi dans des films comme Maman, j’ai encore raté l’avion (1992) ou Zoolander (2001), ainsi que dans des épisodes du Prince de Bel-Air (1996) ou de Sex and the City (1999), etc. Il a également joué un rôle secondaire dans le film Les Chenapans (1994) où il interprète un magnat du pétrole. Ses rôles lui ont permis de devenir membre de la Screen Actors Guild et de recevoir une pension annuelle de plus de 110 000 dollars137,138. Fréquemment imité et parodié par les humoristes et caricaturistes américains, il anime par ailleurs pendant un temps sa propre émission de radio, intitulée Trumped!139,140. Dans le roman American Psycho de Bret Easton Ellis (1991), le protagoniste Patrick Bateman fait plusieurs fois allusion à Donald Trump, qu’il considère comme un modèle141. Bob Gale, scénariste de la série Retour vers le futur, dit s’être inspiré de Donald Trump pour imaginer le personnage de Biff Tannen, devenu milliardaire dans un futur alternatif dans Retour vers le futur 2142.

Il est en outre souvent comparé à Charles Foster Kane, le personnage principal de Citizen Kane, chef-d’œuvre d’Orson Welles qu’il présente comme son film préféré143.

The Apprentice

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Donald Trump en compagnie du joueur de basket-ball Dennis Rodman pendant la participation de ce dernier à The Celebrity Apprentice, en 2009.
Articles connexes : The Apprentice et The Celebrity Apprentice.

En 2004, Trump devient le producteur exécutif et l’animateur de l’émission de téléréalité The Apprentice, diffusée sur NBC et dans laquelle des candidats s’affrontent pour obtenir un poste de cadre supérieur dans l’une des sociétés du groupe Trump. Les candidats sont tour à tour éliminés du jeu par Donald Trump lui-même, dont la phrase fétiche dans l’émission est « You’re fired! » (Vous êtes viré !). La première année de The Apprentice rapporte à Trump 50 000 dollars par épisode (soit environ 700 000 dollars pour la première saison) mais, à la suite du succès de l’émission, il est ensuite payé un million par épisode. L’émission donne également lieu à un spin-off, The Celebrity Apprentice144. Elle vaut en outre à Trump de recevoir en 2007 son étoile sur le Hollywood Walk of Fame pour sa contribution au divertissement télévisuel145,146. En 2016, l’étoile est vandalisée pendant la campagne présidentielle de Trump147.

World Wrestling Entertainment

Amateur de catch, Donald Trump est un fan de la World Wrestling Entertainment (WWE), dont le propriétaire, Vince McMahon, compte parmi ses amis proches. Il a présenté deux éditions de la WrestleMania au Trump Plaza148. Le Trump’s Taj Mahal à Atlantic City a ainsi accueilli le championnat de la World Bodybuilding Federation, qui appartenait à l’époque à la WWE (appelée alors World Wrestling Federation)149.

Trump apparaît en personne dans divers évènements de la WWE, notamment en 2007 lors de la WrestleMania 23 pour les besoins d’un match appelé The Battle of the Billionaires (La Bataille des milliardaires)148 au cours duquel il soutient Bobby Lashley, tandis que Vince McMahon soutient l’adversaire de ce dernier, Umaga, chacun des deux milliardaires ayant promis de se faire raser le crâne si son champion perdait le match. C’est finalement McMahon qui s’y plie, après la victoire de Lashley148.

En 2009, Vince McMahon annonce qu’il vend RAW à Donald Trump150. Il devient propriétaire du show de catch intitulé TRUMP RAW. La semaine suivante, Vince McMahon rachète Monday Night Raw le double du prix vendu.

En 2013, Trump devient membre du WWE Hall of Fame en reconnaissance de son rôle dans la promotion de la World Wrestling Entertainment151.

Linda McMahon, épouse de Vince McMahon et longtemps directrice de la WWE, verse 6 millions de dollars à Donald Trump pour sa campagne présidentielle et se voit nommée à la tête de la Small Business Administration (SBA) après sa victoire152.

Ascension politique

Premiers engagements

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Le président Ronald Reagan et Donald Trump, en 1987 à la Maison-Blanche.

Initialement démocrate, il est ensuite un fervent partisan du président Ronald Reagan et commence à s’engager en politique en 1987 au sein du Parti républicain. Dans la foulée du succès de son ouvrage The Art of the Deal (en), il songe à se présenter aux primaires républicaines de 1988, avec Oprah Winfrey sur son ticket153 ; celles-ci sont remportées par George H. W. Bush, qui aurait un temps envisagé de constituer un ticket avec Donald Trump en tant que candidat à la vice-présidence154.

Donald Trump quitte le Parti républicain en 1999155 et rejoint le Parti de la réforme des États-Unis d’Amérique, fondé par Ross Perot. Il cherche à en obtenir l’investiture en vue de l’élection présidentielle de 2000, mais il renonce à son projet de candidature alors qu’il était crédité de 7 % d’intentions de vote156,157.

Entre 2001 et 2009, sous la présidence de George W. Bush, auquel il s’oppose, il est à nouveau enregistré comme électeur démocrate158. En 2005, il se définit comme un « mix » de démocrate et de républicain159. En 2008, il finance la campagne pour l’investiture démocrate de Hillary Clinton160. En 2009, il s’inscrit au Parti républicain, et s’y réinscrit en 2012 après un interlude de plusieurs années sans affiliation politique158.

Après avoir envisagé une candidature en tant qu’indépendant à l’élection présidentielle de 2012, il apporte son soutien au candidat républicain, Mitt Romney161. Après la réélection de Barack Obama, il appelle à « marcher sur Washington et arrêter cette mascarade »162.

Élection présidentielle de 2016

Primaires présidentielles républicaines

Articles connexes : Primaires présidentielles du Parti républicain américain de 2016 et Make America Great Again.

Trump annonce sa candidature aux primaires républicaines le 16 juin 2015, avec le slogan « Make America Great Again! » (« Rendons sa grandeur à l’Amérique ! ») — utilisé jadis par Ronald Reagan163.

Donald Trump se présente en sauveur d’une Amérique moribonde, minée par la corruption de ses élites et par un système électoral inique. Lors du discours qui suit l’annonce de sa candidature, il insiste sur les 18 000 milliards de dollars de dette des États-Unis, qui souffrent selon lui d’avoir « des gouvernants qui ne comprennent pas », « moralement corrompus » et « qui bradent ce pays au point de l’anéantir ». Il estime que « le rêve américain est mort »164,165,166.

L’annonce de sa candidature, alors créditée de moins de 5 % dans les sondages, suscite dans un premier temps l’indifférence générale, tandis que Jeb Bush apparaît comme le favori pour l’investiture républicaine167,168,169. Mais entre juillet et août, les sondages le placent en tête des primaires avec 17 % à 40 % des intentions de vote170,171,172 ; un sondage établit qu’il est le candidat républicain le plus connu des membres et des sympathisants du parti173. Durant l’été 2015, il figure en tête des personnalités faisant l’objet d’une recherche sur Google et citées sur les réseaux sociaux168. Cet « effet Trump », inattendu, médiatise les primaires : le premier débat entre les candidats républicains, le 6 août 2015, est focalisé sur sa personne et rassemble 24 millions de téléspectateurs, huit fois plus qu’en 2011168,174,175. Les doutes sur la pérennité de sa candidature disparaissent à la fin de l’été 2015168 mais la plupart des commentateurs continuent de prédire sa défaite176,177.

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Donald Trump entouré de sympathisants, le 3 septembre 2015.

Dès le début de sa campagne, il revendique un discours « politiquement incorrect », notamment sur l’immigration. Il soulève une polémique en accusant les immigrés mexicains d’être des « criminels » et des « violeurs » que le gouvernement mexicain enverrait « activement » aux États-Unis, provoque un autre tollé en préconisant « l’arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux États-Unis » et se voit globalement reprocher des déclarations jugées sexistes, ou racistes178,179,180,181,182,183. La campagne de Trump attire rapidement l’attention des médias internationaux, du fait du caractère atypique du candidat comme de ses déclarations fracassantes : il écrit ainsi sur Twitter que le réchauffement climatique est une invention des Chinois pour miner la compétitivité de l’économie américaine, suggère que la journaliste Megyn Kelly s’est montrée agressive avec lui parce qu’elle avait ses règles, ou moque publiquement le handicap d’un autre journaliste dont les questions lui avaient déplu184.

En février 2016, après un score jugé décevant lors du caucus de l’Iowa (24,3 % des suffrages), il arrive largement en tête des primaires du New Hampshire (35,2 %), de Caroline du Sud (32,5 %) et du Nevada (45,8 %), renforçant ainsi son statut de favori185,186. Lors du Super Tuesday du 1er mars 2016, il conforte son avance en remportant sept des onze États en jeu187. Tandis qu’il est notamment attaqué par Mitt Romney et John McCain, des comités d’action politique lancent une campagne contre lui en diffusant des publicités négatives s’élevant à plusieurs dizaines de millions de dollars188. Marco Rubio, favori du Parti républicain et l’un de ses principaux adversaires, se retire de la course le 15 mars 2016189.

À la fin du mois, Chris Christie, gouverneur républicain modéré du New Jersey ayant abandonné la campagne, est la deuxième figure importante du Parti républicain à lui apporter son soutien, après Sarah Palin en janvier190,191. Il est suivi par le sénateur Jeff Sessions, le premier parlementaire républicain à le faire192. Son ancien concurrent Ben Carson lui apporte son soutien au mois de mars, suivi, le mois suivant, par Rudolph Giuliani, le maire républicain de New York lors des attentats du 11 septembre 2001193,194.

Dans l’histoire récente des campagnes de primaires pour l’élection présidentielle américaine, il fait partie des candidats en position de favori des sondages ayant le moins dépensé d’argent195,196. À la date du 10 mars 2016, il est ainsi, parmi les candidats républicains et démocrates, celui qui a dépensé le plus petit budget de campagne électorale, à savoir 27 millions de dollars (85 millions pour Marco Rubio, 96 millions pour Bernie Sanders, 104 millions pour Ted Cruz et 188 millions pour Hillary Clinton)197. Il dépense beaucoup dans ses courriers aux électeurs et ses produits dérivés, mais ne commande aucun sondage (alors que Hillary Clinton a dépensé 896 000 dollars dans le domaine pour le seul mois d’avril)198 et dépense très peu en publicité ou en action militante sur le terrain, misant sur de grands meetings et un fort temps d’antenne dans les médias grâce à ses déclarations polémiques199,200 — il est probablement le candidat le plus suivi de l’histoire des campagnes politiques américaines201.

Alors que le taux de participation aux primaires est en hausse, le politologue Alix Meyer souligne que Donald Trump « parvient à attirer une partie de l’électorat républicain qui ne se déplaçait pas auparavant pour les primaires »202.

Au début du mois d’avril 2016, sa défaite dans le Wisconsin suscite des doutes quant à sa capacité à recueillir les 1 237 délégués nécessaires pour obtenir l’investiture, alors que John McCain s’était déjà imposé à ce stade en 2008 et que Mitt Romney était proche de la victoire en 2012175,203. Ses partisans dénoncent alors des manœuvres de la part de l’establishment républicain, notamment concernant l’attribution de délégués dans certains États204. En mars, Donald Trump avait prédit des « émeutes », si des agissements de la part des dirigeants du Parti républicain devaient l’empêcher d’obtenir l’investiture205, avant de brandir la menace d’une candidature indépendante de sa part, si l’un de ses concurrents venait à être désigné203.

Il l’emporte dans l’État de New York, avec près de 60 % des suffrages, le 19 avril 2016206. Après cette large victoire, il devient le seul candidat capable de recueillir les 1 237 délégués nécessaires pour obtenir l’investiture dès le premier tour lors de la convention du Parti républicain en juillet207. Ses deux concurrents encore en lice, Ted Cruz et John Kasich, concluent ensuite un accord prévoyant le retrait de l’un des deux lors de certaines primaires en mai et juin pour éviter une dispersion des voix et tenter d’empêcher Donald Trump de recueillir les 1 237 délégués208. Mais sa large victoire (53 %) lors de la primaire de l’Indiana, le 3 mai suivant, conduit Ted Cruz (37 %) et John Kasich (8 %) à suspendre leur participation à la campagne, assurant ainsi à Donald Trump la nomination du Parti républicain209,210,211.

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Donald Trump, le 22 février 2016.

Reince Priebus, président du Comité national républicain, appelle alors son parti à s’unir derrière lui212. La quasi totalité des autres participants aux primaires républicaines se rallient ensuite à sa candidature213. Néanmoins, une cinquantaine de grands donateurs du Parti républicain au cours des dernières élections décident de ne pas lui apporter leur soutien, ce qui le contraint à trouver d’autres sources de financement198. Par ailleurs, George W. Bush fait savoir, en mai, qu’il ne soutiendra pas la candidature de Donald Trump et qu’il ne participera pas à la convention nationale républicaine, de même que son père, George H. W. Bush, et son frère Jeb Bush214.

Le 25 mai 2016, il dépasse le nombre de délégués requis pour obtenir l’investiture du Parti républicain215. Dans la perspective d’un duel face à Hillary Clinton, une série de sondages le donne alors vainqueur ou à même hauteur216. Après s’être attaché les services du spin doctor Paul Manafort en mars, il remercie son directeur de campagne, Corey Lewandowski, en juin, ce qui témoigne d’une « professionnalisation » de sa campagne selon Reince Priebus217.

Le succès de sa candidature contredit la tactique envisagée par les stratèges du Parti républicain, pour qui les défaites successives de John McCain et Mitt Romney devaient pousser à davantage de modération afin de ne pas s’aliéner l’électorat hispanique, en pleine croissance202. Soufian Alsabbagh, spécialiste de la droite américaine, estime que Donald Trump incarne l’aboutissement d’un « mouvement de radicalisation » du Parti républicain à travers les candidatures successives de George W. Bush, John McCain et Mitt Romney218. D’après le politologue Alix Meyer, « il faut remonter à Barry Goldwater, en 1964, pour trouver un tel décrochage entre le candidat investi et l’appareil du parti dont il se réclame »202 ; son confrère Marc Landy évoque quant à lui les profils de William Jennings Bryan en 1896 et de George McGovern en 1972219. Il faut également remonter à la candidature de Dwight D. Eisenhower en 1952 pour voir un novice en politique remporter l’investiture républicaine220,221. Alors que les candidats populistes ou indépendants ont toujours connu un succès limité dans l’histoire électorale américaine168, Donald Trump est, pour Howard Fineman, directeur éditorial global du Huffington Post, caractéristique de l’évolution de la société américaine : celle de l’argent roi et du spectacle222. Des analystes considèrent que son succès s’explique surtout par l’exaspération de la classe moyenne américaine, qui ne s’estime plus représentée par les « élites » de Washington168, ainsi que par une montée en puissance aux États-Unis du populisme et du nationalisme223. Pour Alix Meyer, le Parti républicain, qui était déjà devenu le parti de l’électorat blanc au moins depuis la présidence de Ronald Reagan, s’affiche pour la première fois comme son défenseur sur le plan idéologique avec Donald Trump224. Selon certains politologues, c’est davantage l’orientation autoritariste des électeurs qui explique leur propension à soutenir Donald Trump225.

Le politologue Marc Landy souligne que Donald Trump pratique « un populisme de divertissement, à la manière de Silvio Berlusconi, qui n’est pas dans les habitudes américaines », à travers « un niveau d’incivilités habituel dans beaucoup de médias, mais peu courant dans le domaine politique »176, en insultant fréquemment ses adversaires226,227,228, en leur donnant des surnoms (Ted « le menteur », Bush « le mou » ou « le petit » Marco) ou en alimentant des rumeurs à leur sujet comme la participation du père de Ted Cruz à l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy176. En août 2016, il est accusé d’appeler implicitement au meurtre de Hillary Clinton lors d’un meeting229. Ce style de discours lui attire l’attention des médias176. Par ailleurs, des affrontements entre ses partisans et ses opposants émaillent régulièrement ses meetings230. Le 18 juin 2016, alors qu’il est en meeting à Las Vegas, il échappe à une tentative d’assassinat de la part d’un Britannique de 19 ans ayant tenté de s’emparer de l’arme d’un agent de service231.

Campagne face à Hillary Clinton

Article connexe : Élection présidentielle américaine de 2016.
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Logo de campagne du ticket républicain Trump-Pence.
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Donald Trump en août 2016.

Le 16 juillet 2016, Donald Trump annonce que le gouverneur de l’Indiana, Mike Pence, initialement soutien de Ted Cruz, sera son colistier à l’élection présidentielle232,221. Le « ticket » est officiellement investi par le Parti républicain le 19 juillet 2016, lors de la convention de Cleveland. Donald Trump se félicite alors d’avoir obtenu « le plus grand nombre de voix jamais obtenues dans l’histoire du Parti républicain »233 (plus de 14 millions234). De façon inattendue, Ted Cruz, arrivé en deuxième position de la primaire, refuse d’apporter son soutien au candidat républicain et appelle les électeurs américains à voter « selon leur conscience » lors de son discours à Cleveland235. Le discours d’investiture de Donald Trump se singularise par un tableau très sombre des États-Unis236,237,238 et une rhétorique à la fois nationaliste et populiste239. La première soirée de la convention est un fort succès d’audience pour les télévisions qui la retransmettent, CNN bénéficiant notamment d’un gain de 200 % par rapport à celle de 2012240.

Donald Trump (qui fête ses 70 ans le 14 juin 2016) et Hillary Clinton (69 ans le 26 octobre 2016) sont les candidats les plus âgés à entrer en campagne après Ronald Reagan, âgé de 73 ans lors de sa réélection en 1984238.

Peu après son investiture, les sondages continuent de le donner au coude-à-coude avec la candidate démocrate177,241 alors que les deux candidats souffrent d’une mauvaise image dans l’opinion242. Tandis que les partisans de Donald Trump se disent préoccupés en priorité par l’immigration et le terrorisme, ceux de Hillary Clinton le sont par les inégalités sociales243. Les enquêtes d’opinion du mois d’août sont défavorables à Donald Trump244 (entre 6 et 8 points de retard sur Hillary Clinton en moyenne245,246). Dans le même temps, Paul Manafort démissionne de son équipe de campagne en raison de son implication supposée dans une affaire de corruption en Ukraine. Donald Trump crée alors un poste de « directeur général de campagne » qu’il confie à une personnalité à la fois atypique et controversée, Stephen Bannon, responsable du site d’extrême droite Breitbart News247 ; dans le même temps, il promeut Kellyanne Conway, dont le profil est consensuel au sein de l’appareil républicain, au poste directrice de campagne244,245. Immédiatement après ce remaniement, il exprime des « regrets » pour ses propos qui ont « pu blesser des gens personnellement »243 et infléchit pour la première fois une de ses propositions contre l’immigration illégale248. Le 31 août 2016, à l’issue d’une visite au Mexique où il s’exprime aux côtés du président Enrique Peña Nieto, il réaffirme une ligne dure sur l’immigration, qu’il associe à une lourde insécurité aux États-Unis249. L’écart entre les deux discours qu’il tient cette même journée lui valent des accusations de duplicité250,251. En parallèle, il tente d’élargir son audience au sein de la communauté afro-américaine, traditionnellement très favorable aux démocrates252. Les sondages de septembre 2016 voient les intentions de vote en sa faveur se rapprocher de celles pour Hillary Clinton253.

D’abord en net retard par rapport à Hillary Clinton, le rythme de sa récolte de fonds connaît une brusque hausse à l’été 2016, grâce à un nombre massif de petites donations de quelques dizaines de dollars réalisées en ligne, et tend ainsi à combler l’écart avec celui de son adversaire254. Tandis que les banques américaines refusent de lui prêter de l’argent en raison de ses mauvaises relations avec elles en tant qu’entrepreneur, ses plus importants donateurs sont des oligarques russes proches du Kremlin255. Les principaux bailleurs de fonds pro-républicains s’abstiennent de le financer et préfèrent soutenir les candidats aux élections législatives à venir256. Si Donald Trump bénéficie du soutien de la majorité des donateurs de Marco Rubio et surtout de Ted Cruz, ceux de Jeb Bush, John Kasich et Chris Christie financent davantage la campagne de Hillary Clinton257.

L’équipe de Donald Trump lance ses premières publicités dans le cadre de l’élection générale en août 2016, alors que celle de Hillary Clinton a déjà dépensé 61 millions de dollars dans le domaine et que les deux autres candidats, Jill Stein et Gary Johnson, ont eux aussi lancé des spots199. La majeure partie de ses dépenses est alors destinée aux déplacements et aux frais liés aux événements199, tandis que son équipe demeure extrêmement réduite256. Convaincu qu’une partie importante de l’argent investi dans les campagnes électorales est gaspillée, il préfère s’assurer une publicité gratuite sur les réseaux sociaux et dans les médias grâce à l’attention qu’ils lui portent, ou se reposer sur les infrastructures du Parti républicain pour la logistique ou la collecte de fonds256. À la mi-septembre 2016, Donald Trump a dépensé 18,7 millions de dollars en publicité télévisuelle, alors qu’Hillary Clinton a dépensé 109,4 millions, et il a levé 205,8 millions de dollars de fonds, alors qu’Hillary Clinton en a levé 516,7 millions258. Il recueille le soutien de seulement 6 titres de presse, contre plus de 200 pour Hillary Clinton, d’après un décompte réalisé par Politico qui estime qu’« aucun candidat n’avait jamais reçu aussi peu de soutiens » dans la presse259, avec laquelle il a instauré un nouveau type de relation260.

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Donald Trump en octobre 2016.

Certains observateurs font un rapprochement avec l’élection présidentielle de 1996 opposant Bill Clinton à Bob Dole au regard du retard pris très tôt dans les sondages par le candidat républicain et du fait que la plupart des candidats du parti au Congrès pour les élections suivantes considèrent également la présentielle comme perdue d’avance261,256. Pour le politologue Dominique Moïsi, son duel face à Hillary Clinton représente le premier « face-à-face entre une démocrate interventionniste et un républicain isolationniste » depuis l’élection présidentielle de 1940 et la victoire de Franklin Delano Roosevelt sur le républicain Wendell Willkie262.

Le premier débat télévisé entre les deux candidats le 27 septembre est dominé par Hillary Clinton263. À quelques jours du deuxième débat, le Washington Post diffuse un enregistrement, datant de 2005, d’une conversation où l’on entend Trump — enregistré à son insu dans un studio de télévision — se vanter de ses conquêtes féminines et affirmer à son interlocuteur que « Quand vous êtes une star, [les femmes] vous laissent faire, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, les attraper par la chatte (« Grab them by the pussy »), faire ce que vous voulez. »264. Face à la polémique soulevée, le candidat qualifie ses propos de « vantardises de vestiaires »265. Dans les jours qui suivent, plusieurs femmes accusent publiquement Donald Trump de leur avoir fait lourdement des avances, voire d’avoir eu à leur égard un comportement relevant de l’agression sexuelle266. Le candidat républicain nie s’être comporté de la sorte et riposte à sa façon lors du deuxième débat l’opposant à Hillary Clinton, le 9 octobre 2016 : il rappelle que des femmes ont accusé le mari de cette dernière, Bill Clinton, de les avoir agressées sexuellement ou violées, et fait venir quatre d’entre elles pour qu’elles assistent au débat267. En réaction, le rappeur will.i.am sort le 14 octobre une vidéo satirique intitulée Grab’m by the Pussy (Prends-les par la chatte268) par laquelle il dénonce l’attitude méprisante et les commentaires sexistes de Trump à l’égard des femmes269,270,271,272,273,274,275. Ainsi, dans les trois semaines précédant le scrutin, la campagne du candidat républicain se radicalise276 et celui-ci laisse entendre que les élections sont truquées, notamment en raison du parti pris des médias en faveur de sa rivale277. Cette attitude lui attire des critiques de la part du président Barack Obama278,279,280.

Peu avant l’élection, le directeur du F.B.I. révèle la découverte de nouveaux courriels justifiant de nouvelles investigations en direction d’Hillary Clinton dans l’affaire des e-mails la concernant281,282. Parallèlement, Wikileaks relance les accusations à l’encontre de Bill Clinton et sa fondation283 et accuse Clinton d’avoir été prévenue de certaines questions qui lui ont été posées lors des débats de la primaire démocrate284. Deux jours avant l’élection, le F.B.I. annonce maintenir sa décision de ne pas poursuivre Hillary Clinton, estimant que les nouveaux mails n’apportent rien de nouveau, ce dont Donald Trump s’étonne, estimant que le F.B.I. n’a pas vraiment pu examiner 650 000 mails en huit jours alors qu’il avait mis dix mois pour en examiner 33 000 précédemment285. Il déclare que, s’il est élu, il nommera un procureur spécial pour s’occuper de ce dossier286,287,288.

Contre-vérités

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Donald Trump en meeting à Fountain Hills (Arizona), en mars 2016.

Avant de se lancer dans la campagne présidentielle, Donald Trump avait développé dès les années 1980 le concept d’« hyperbole véridique », expliquant dans un de ses ouvrages : « Les gens veulent croire en ce qui est le plus formidable, le plus génial et le plus spectaculaire. J’appelle cela l’hyperbole véridique. C’est une forme innocente d’exagération — et une méthode de promotion très efficace »289. En novembre 2012, il écrit par exemple sur Twitter : « Le concept du réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois pour rendre l’industrie américaine non-compétitive »290. Pendant la campagne des primaires républicaine, il déclare, au sujet des attentats du 11 septembre 2001 : « J’ai vu, à New Jersey City, des milliers et des milliers de personnes musulmanes acclamer la chute des tours du World Trade Center », mais il n’existe aucune preuve de ces événements, que les autorités du New Jersey ont démentis289. Très actif sur Twitter durant la campagne présidentielle, il avance « Blancs tués par des Blancs : 16 %. Blancs tués par des Noirs : 81 % », graphique à l’appui. Il s’appuie sur une source (le « bureau des statistiques du crime de San Francisco ») qui n’existe pas et inverse en fait les chiffres puisque 82,4 % des Blancs assassinés l’ont été par des Blancs et 14,8 % par des Noirs291,292. Il affirme que le « vrai taux de chômage aux États-Unis est de 42 % », en additionnant les « inactifs », mélangeant retraités, pré-retraités, mères au foyer, étudiants et lycéens pour parvenir à ce compte erroné291,293. Donald Trump explique également que « la croissance américaine n’a jamais été négative » et que le taux de croissance du PIB américain est passé en négatif au premier trimestre 2015 sous la présidence de Barack Obama, ajoutant « que ça ne s’était jamais produit dans l’histoire ». Or la première affirmation est fausse, et pour la deuxième, les médias américains relèvent que cela s’est produit 42 fois depuis la deuxième guerre mondiale294,291. Il affirme constamment durant la campagne que les élections sont « truquées » développant à se sujet plusieurs « théories du complot »295. Ce ne sont que quelques exemples296. Après sa victoire grâce à sa majorité au collège électoral mais avec plus de deux millions de voix de moins qu’Hillary Clinton dans le vote populaire, il écrit sur Twitter : « En plus d’avoir remporté le collège électoral, j’ai gagné le vote populaire si on déduit les millions de gens qui ont voté illégalement », sans avancer la moindre preuve297,298. Le site Politifact trouve dans les déclarations de Donald Trump, pour l’année 2015, 76 % de mensonges complets ou partiels, ce qui le place en tête des personnalités politiques américaines dont les propos sont le plus souvent « archi-faux, faux ou plutôt faux »289. Donald Trump ajoute qu’il aurait fait campagne autrement s’il s’était agi de gagner le vote populaire et qu’Hillary Clinton a mal choisi les États où elle a fait campagne299.

Après la victoire de Trump à l’élection présidentielle, Paul Krugman, Prix Nobel d’économie en 2008, souligne l’ignorance de l’Amérique dite « des élites » pour l’Amérique dite « profonde » et Margaret Sullivan (en), l’éditorialiste du Washington Post, paraphrase la thèse de Peter Thiel (investisseur de la Silicon Valley et soutien de Donald Trump) lorsqu’il explique que : « Les journalistes prennent toujours Trump au pied de la lettre mais sans le prendre au sérieux » alors que « ses électeurs, en revanche, le prennent au sérieux mais ne le prennent pas au pied de la lettre » et que donc, « par exemple, quand il propose de construire un mur à la frontière mexicaine, les journalistes exigent des détails, veulent savoir comment il va s’y prendre », alors que ses électeurs « comprennent qu’il ne veut pas vraiment édifier un mur et entendent simplement qu’il propose une politique migratoire plus saine et plus intelligente. »300,301.

Élection

Le 8 novembre 2016, Donald Trump remporte l’élection présidentielle. Il renverse la tendance annoncée en particulier en Floride, en Caroline du Nord, dans le Wisconsin et en Pennsylvanie, traditionnellement démocrates et qui lui apportent 74 grands électeurs302. Il s’impose dans la Rust Belt et se voit au total attribuer 306 grands électeurs contre 232 à sa rivale. Celle-ci obtient 2,87 millions de voix (2,1 points de pourcentage) de plus que lui303,304,305. Un tel cas de figure, dû au mode de scrutin indirect et à la pratique du winner takes allb, s’est présenté seulement quatre fois dans le passé, lors des élections présidentielles de 1824, 1876, 1888 et 2000306. Selon une estimation du Monde, si au lieu du winner takes all, tous les grands électeurs étaient désignés à la proportionnelle dans chaque État, Hillary Clinton aurait remporté cette élection avec 260 grands électeurs, contre 257 pour Donald Trump307. L’écart en nombre de voix (mais pas en pourcentage) constitue un record historique pour ce système électoral, ce qui réactive les critiques à son égard ainsi que les appels à le réformer308, y compris par Donald Trump309. Un scrutin au suffrage universel direct n’aurait cependant pas obligatoirement fait élire Hillary Clinton et aurait pu donner la victoire à Donald Trump, car les candidats auraient mis en œuvre une stratégie totalement différente, en faisant la même campagne dans tous les États310,309, au lieu de concentrer 90 % de leurs efforts sur une douzaine d’États seulement311. Par ailleurs, Donald Trump réalise le meilleur score en nombre de voix jamais obtenu par un candidat républicain à la présidence des États-Unis.

Cette victoire fait en tout cas démentir les projections. Sur un échantillon de 376 sondages publiés entre mai 2015 et novembre 2016, seulement 30 ont annoncé Donald Trump en tête302 ; les derniers publiés annonçaient une avance d’environ 3,5 points de pourcentage à Hillary Clinton et une nette victoire pour celle-ci au niveau des grands électeurs312,313. Tout au long de sa campagne, la plupart des politologues l’avaient donné perdant314 et de nombreux commentateurs assurent que sa victoire est improbable voire impossible315,316. Après cette élection, les médias américains, qui soutenaient Hillary Clinton à 75 % et Donald Trump pour moins de 5 %, font leur mea culpa, confessant avoir été incapables de capter le sentiment du pays profond317,318,319,320.

La candidate écologiste Jill Stein dépose des demandes de recomptage des voix dans trois États où les résultats ont été serrés321, mais l’opération confirme la victoire de Trump dans le Wisconsin322, et est annulée par la justice fédérale dans le Michigan323.

Donald Trump devient le président le plus âgé et le plus riche jamais élu par les Américains pour un premier mandat, devant George Washington324,325, et le seul à exercer cette fonction sans avoir eu auparavant une expérience politique et/ou militaire326.

Période de transition

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Rencontre entre le président en fonction, Barack Obama, et son successeur, à la Maison-Blanche, le 10 novembre 2016.

Le 8 novembre 2016, alors que Donald Trump se voit attribuer 306 des 538 grands électeurs du collège électoral, désignant le président pour la Maison-Blanche, le Parti républicain est également sur le point de contrôler la Chambre des représentants, le Sénat et donc la Cour suprême327. Pour le politologue Vincent Michelot, « c’est du jamais-vu depuis les années 1930. Même Reagan a gouverné avec une majorité démocrate à la Chambre des représentants »328. Il s’agit de la sixième fois depuis 1900 que les Républicains ont la mainmise sur le Congrès et la Maison-Blanche329.

Alors que son élection est suivie de manifestations dans des grandes villes américaines pour protester contre sa victoire330, il adopte dans ses premières déclarations un ton ouvert et apaisé, y compris contre d’anciens adversaires qu’il avait durement attaqués au cours de sa campagne, Hillary Clinton en particulier331 en précisant qu’il ne compte pas « nuire aux Clinton » car « cela diviserait vraiment beaucoup le pays »332. Dans la lignée de sa campagne, il continue de s’exprimer sur Twitter sur un ton polémique : il réagit ainsi aux manifestations en affirmant qu’il s’agit de « manifestants professionnels incités par les médias »333, mais revient sur ses propos en louant la « passion » des manifestants « pour notre grand pays »334. Dans plusieurs tweets, il raille et contredit le New York Times au sujet du suivi de sa campagne et de la période de transition335.

Il rencontre des hommes d’affaires indiens, ainsi que le président argentin Mauricio Macri et le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, en présence de sa fille Ivanka, vice-présidente de sa société The Trump Organization336. Devant l’engagement répété de Donald Trump à se retirer de l’accord de partenariat transpacifique, le président chinois Xi Jinping invite les dirigeants de la zone Asie-Pacifique à soutenir l’accord régional de libre-échange concurrent que son pays leur a proposé337. La décision de Donald Trump explique, selon certains médias, la décision de John Key, Premier ministre néo-zélandais et « fervent artisan » de l’accord de partenariat transpacifique, de ne pas se représenter338. Peu après, Donald Trump s’entretient avec Tsai Ing-wen, présidente de Taïwan, ce qui constitue une première depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux États en 1979 ; cet échange entraîne une « protestation solennelle » du pouvoir chinois, suivie par la réaffirmation par la Maison-Blanche de son soutien à la politique de « la Chine unique »339. Sur Twitter, Donald Trump accuse ensuite la Chine de dévaluer sa monnaie pour mieux concurrencer les entreprises américaines et de « de bâtir un vaste complexe militaire en mer de Chine méridionale »340.

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Donald Trump et Shinzō Abe, le Premier ministre japonais, le 17 novembre 2016.

Le 13 novembre 2016, il annonce qu’il renoncera à son salaire de président (400 000 dollars annuels) et qu’il ne percevra que le dollar symbolique auquel l’oblige la loi341.

Il achève la période de transition avec le plus faible taux d’approbation des deux décennies précédentes dans l’opinion publique pour un président des États-Unis342. Vincent Michelot souligne « le caractère exceptionnel » de la période de transition, menée avec une forte publicité contrairement aux habitudes et en entraînant un retard important dans les nominations : « Ceci est d’autant plus inquiétant que les ministres désignés ont en commun de n’avoir aucune expérience du secteur public. Et que certains de ses membres sont non seulement inexpérimentés, mais aussi hostiles à l’existence même du ministère qu’ils vont diriger »343.

Élection par le collège électoral

Le scrutin de la présidentielle aux États-Unis étant indirect, l’élection définitive de Donald Trump est effective le 19 décembre 2016, lors de la réunion du collège électoral344. Il obtient le vote de 304 grands électeurs contre 227 à Hillary Clinton345. Deux votes ont fait défaut au républicain contre cinq pour sa rivale démocrate346.

Jusqu’au 19 décembre 2016, l’identité de nombreux grands électeurs républicains est révélée par des associations anti-Trump ; plusieurs d’entre eux sont alors victimes de harcèlement et de menaces de mort afin qu’ils changent leur vote347,348.


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